Actualités
Mardi 31 août 2010
DERNIERE SORTIE PUBLIQUE DU TRIMARAN IDEC AVANT LE RHUM
Il reste tout juste deux mois avant le départ de la Route du Rhum - La Banque Postale, le 31 octobre à Saint-Malo. C'est l'heure des derniers réglages, des ultimes validations avant la confrontation avec les autres concurrents de la G Class pour la victoire en Guadeloupe. A l'occasion de Happy baie, une nouvelle manifestation festive en baie de Quiberon, le trimaran IDEC naviguera aux côtés des trois maxi-trimarans de Thomas Coville, Sidney Gavignet et Yann Guichard.
+Dépêches
Mar 31 Août 09h44
Le programme des Happy Baie. Samedi 4 septembre : animations du port de La Trinité sur Mer. Joutes en paddle surf, relais en pédalos, animations musicales.
Runs de vitesse entre la Trinité-sur-Mer et Houat.
Dimanche 5 septembre : sortie en mer, parade en compagnie de quelques bateaux mythiques des courses hauturières (G Class, monocoques IMOCA et Class 40).
Runs de vitesse entre la Trinité-sur-Mer et Houat
Sam 19 Juin 13h11
L'équipage d'IDEC vainqueur de cette Round Island Race 2010 :. Francis Joyon, Christophe Houdet, Rodney Pattison, Bertrand Cudenec et Roger Gianovelli.
Mer 16 Juin 16h23
ICM : "c'est pour vous c'est pour nous". Les maladies neurologiques et psychiatriques touchent 1 personne sur 8, à cause du vieillissement de la population ce chiffre va considérablement augmenter.
Prévenir, traiter, réparer les conséquences des traumatismes de la moelle épinière liés aux accidents du sport ou de la route par exemple, trouver rapidement de nouveaux traitements pour soigner les maladies du cerveau telles qu'Alzheimer, Parkinson, la
sclérose en plaques, l'épilepsie, les AVC, les dépressions, l'autisme... tel est le but de la Fondation Institut du Cerveau et de la Moelle épinière – ICM. Ce centre international de recherche est unique car il réunit en un seul lieu - à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris – les malades, les médecins et 600 chercheurs qui travaillent ensemble sur 22 000 m2 de laboratoires. 100 000 patients atteints d'affections du système nerveux sont vus chaque année à la Pitié-Salpêtrière… cette proximité malades/médecins/ chercheurs représente un espoir et une richesse inestimables.
Les meilleures équipes de recherche françaises et étrangères ont été sélectionnées, elles travaillent avec les équipements de toute dernière génération (une IRM 7 Tesla auto blindée, la plus puissante du marché, a été commandée). 3 Professeurs de renommée mondiale : Gérard Saillant, Yves Agid et Olivier Lyon-Caen sont à l'initiative de cet ambitieux projet. Parmi les prix Nobel et grands ambassadeurs du monde de la politique, des arts, du spectacle ou du sport soutenant l'ICM dans ce défi majeur de santé publique, citons François Jacob ou Richard Axel, Michelle Yeoh, Jean Todt, Luc Besson, Michael Schumacher ou bien encore Jean Réno, parrain de la Fondation qui résume ainsi l'ICM : «C'est pour vous c'est pour nous, c'est pour nos familles, c'est pour nos enfants. On fait ça pour vous mais on ne pourra pas le faire sans vous». www.icm-institute.org
Cartographie
+Francis Joyon
Francis Joyon, un navigateur en harmonie avec les éléments
Il suffit d'écouter Francis Joyon pour comprendre que cet homme n'est pas totalement fait du même bois que les autres. Sa carrure de bûcheron, accompagnée de la réserve habituelle de bien des gens de mer s'accompagnerait volontiers d'un timbre de baryton, économe de paroles. A rebours de cette image superficielle, la douceur de sa voix de même que son caractère posé, témoignent bien que le bonhomme est plus complexe et que les images d'Epinal ne suffiront pas pour appréhender pleinement la personnalité du navigateur. «Je crois que j'ai gardé une part du caractère rebelle de ma jeunesse...»

Cette jeunesse campagnarde lui a forgé un appétit de liberté indéniable, mais aussi un amour immodéré de la nature.
Au bout du compte, que le jeune homme de la campagne beauceronne se retrouve à faire ses gammes sur les bancs de quart des Glénans puis d'autres écoles de voile dans la foulée n'est pas illogique.
« Je n'avais rien programmé, mais le milieu marin était conforme à l'idée que je me faisais de la nature... »
Il y fait là ses apprentissages, à une époque où l'esprit de liberté et de responsabilité n'a pas encore été tué par les désormais immuables principes de protection.
Dès lors, Francis Joyon, le terrien, ne cessera plus de naviguer. Convoyages en tous genres sur toutes les mers du globe... il engrange les milles avec appétit.
Sa première incursion dans le monde de la course au large est, somme toute, conforme à son parcours.
Quand d'autres courent les réceptions et les officines parisiennes dans l'espoir de dénicher le partenaire qui leur permettra de réaliser leurs rêves, il récupère deux anciens flotteurs de l'ancien catamaran Elf Aquitaine pour bricoler un nouveau bateau.
« Voir ces deux coques qui partaient à l'abandon sur le port de la Trinité sur Mer m'était insupportable. Et puis, il faut relativiser ma démarche : c'était encore l'époque des pionniers où toutes les voies pour être sur une ligne de départ étaient bonnes. »
Mais finalement, cette navigation où l'efficacité n'est pas tributaire d'une débauche de moyens, forme les prémisses d'une certaine manière de réaliser ses projets qui trouvera son achèvement dans son record autour du monde.
Autres temps, autres moeurs, petit à petit, avec la professionnalisation du monde de la voile, les budgets tendent à enfler, comme les métiers évoluer.
On ne demande plus au marin de savoir naviguer proprement, mais accessoirement d'être capable d'enfiler les bons mots sur un plateau de télévision, de devenir un portedrapeau de la marque...
S'il en comprend les contraintes, Francis Joyon n'en est pas prêt pour autant à en accepter toutes les compromissions. Beaucoup en auraient tiré la conclusion qu'il était temps de se retirer de ce monde où les intérêts médiatiques prennent le pas sur le sportif.
Pas lui... Sa rencontre avec Paul Vatine, autre navigateur atypique, enfant des faubourgs du Havre, le confortera dans le fait qu'il existe aussi une voie personnelle à tracer dans le petit monde de la course au large. Il le prouvera en s'imposant en 2000 dans l'Europe 1 Star, la transatlantique en solitaire, au nez et à la barbe de concurrents bien plus huppés et autrement mieux fortunés...
Mais le terrain de jeu des courses transocéaniques lui semble de plus en plus étroit.
Ce qui le titille, c'est le record absolu, celui d'un tour du monde en solitaire et sans escale.
Ce sera à bord de son premier trimaran géant, l'ancien « Sport Elec » devenu IDEC, conçu pour un équipage de six à sept personnes, et boucle son premier tour du monde en un peu plus de 72 jours.
Comme par chance, Ellen MacArthur améliorera, dès l'année suivante, la performance à bord d'un trimaran spécialement conçu pour l'opération.
Pas question de se reposer sur ses lauriers, la chasse au record est à nouveau lancée : Francis n'aura de cesse de reprendre son bien à la barre d'un bateau dont il aura pensé les moindres détails.
IDEC est un bateau d'une simplicité absolue : pour la première fois peut-être, le navigateur aura pu pousser les feux de sa logique jusqu'au bout.
Le résultat est là : auteur d'unenavigation limpide, il explose à nouveau le record en 57 jours 13 heures 34 minutes et 6 secondes.
Il suffit de se souvenir que quelque dix ans plus tôt, la barre des quatre-vingt jours en équipage venait d'être franchie, pour mesurer l'exploit majuscule.
Francis Joyon, lui, préfère parler d'un projet bien pensé, d'une navigation en harmonie avec les éléments : « Quand on est en phase avec son bateau, les choses deviennent plus simples... »
Oubliant peutêtre juste de reconnaître que naviguer ainsi demande non seulement une certaine force de caractère mais aussi d'avoir su détecter très tôt quelles perspectives pouvait offrir un mode de navigation qui ne fait que peu de concessions à sa propre philosophie de vie.
Aller au bout de ses convictions, pour peu qu'on le fasse avec un tant soit peu d'intelligence, peut fabriquer des miracles.

