Le navigateur Francis Joyon est arrivé hier après-midi à Marseille à bord de son multicoque géant IDEC, au terme d'un long convoyage depuis la Bretagne. Joyon arrive sur la « grande Bleue » avec un "agenda de Ministre" ; outre les opérations de Relations Publiques organisées par le Groupe IDEC, Francis embarquera à bord d'un Extreme 40 à Hyères lors de l'étape Française de l'Ishares Cup, exhibera son grand trimaran sur la ligne de départ de l'Immo Cup à Marseille, et tentera, dès que le Mistral fera son apparition, d'établir un temps référence en multicoque et en solitaire sur le parcours du record de la Méditerranée entre Marseille-Carthage (Tunisie). Un programme dense qui n'est pas pour déplaire au double recordman et de l'Atlantique et du Tour du monde en solo, qui se tourne déjà sur son prochain défi : Le Record de la Découverte entre Cadix et San Salvador.
+Francis Joyon félicite Thomas Coville pour le record de l'Atlantique Nord. "Je félicite Thomas pour son record de l'Atlantique et pour la grande patience qu'il a eu au départ de New-York pour avoir cette fenêtre météo.
En 2005, sur le premier IDEC, nous avions nous aussi patienté plus de 3 mois ... Le record de l'Atlantique est un record qui se mérite sur l'eau mais aussi bien en amont !"
Francis Joyon
Reportage photos ... à Marseille. Retrouver une sélection de photos du maxi-trimaran IDEC à Marseille dans la rubrique photos du site Internet
Francis Joyon à Hyères. Francis Joyon a navigué jeudi à bord des Extreme 40 à Hyères. Il a pu prendre part à 3 courses d'entraînements sur trois bateaux différents.
La flotte des 11 Extreme 40 se préparait pour la seconde étape de l'iShares Cup, qui se déroule à partir de vendredi et jusqu'à Dimanche à Hyères.
© Jacques Vapillon / DPPI / IDEC
Professeur Saillant, quel constat vous a amené à la nécessité de créer l’ICM ?
Créer un outil innovant pour répondre à un besoin de santé publique. La durée de vie augmentant, les maladies du cerveau et de la moelle épinière deviennent un des enjeux majeurs du siècle. Or c’est un domaine très compliqué à comprendre. Aujourd’hui, on peut réparer un coeur malade, un fémur cassé, enlever une prostate mais on n’est encore qu’aux balbutiements de la compréhension du cerveau et de la moelle, dont on commence tout juste à déchiffrer le fonctionnement normal. Et pour pouvoir les réparer, il faut mieux les comprendre.
Et jusqu’ici les recherches en la matière étaient plutôt dispersées ?
Absolument. Une des idées de base de l’ICM est qu’il faut décloisonner entre tous ceux qui cherchent dans leur coin. Même un génie ne peut rien faire s’il est seul. Le problème est si complexe qu’il faut réunir en un même lieu à la fois la recherche fondamentale et la recherche clinique, mais aussi des spécialistes physiciens, informaticiens, des sciences sociales. Qu’ils viennent du public ou du privé, d’un pays ou d’un autre, comme en sport il faut constituer la meilleure équipe pour espérer gagner la partie. C’est ce que met en oeuvre l’ICM. On y viendra aussi bien du CNRS ou de l’Inserm que des grands laboratoires pharmaceutiques ou des grands centres de recherche privés. Et il y aura un centre de traitement qui permettra d’avoir le meilleur retour molécule/patient. Nous sommes partis du principe qu’il n’y a pas une "bonne" recherche qui prime a priori sur une autre.
L’ICM sort de terre à Paris, mais c’est un projet international ?
Oui. Ce n’est pas un projet franco-français. Plus de 600 chercheurs venus du monde entier vont y travailler ensemble sur 22000 mètres carrés de laboratoires où on trouvera par exemple cinq IRM de recherche high-tech, un centre de recherche biologique, etc. Le défi est mondial, ne l’oublions pas. C’est un projet très ambitieux. Il aura aussi une dimension économique de valorisation de la recherche, l’ICM pouvant aussi susciter des vocations dans ce domaine et avoir un rôle de pépinière d’entreprises pour des start-up. La construction des bâtiments démarrera le 1er janvier 2008.
Voir ICM dans les voiles du trimaran de Francis Joyon, c’est important ?
Je ne suis pas un spécialiste de voile, mais un grand passionné de sport, fervent lecteur de L’Equipe. Ce qui nous rassemble avec Francis Joyon c’est l’importance du défi que nous entreprenons. Faire un tour du monde en solitaire à la voile en est un, et de taille. Pour l’ICM, il s’agit de résoudre l’équation du cerveau, ce cerveau qu’on veut savoir réparer. Ce sont des enjeux immenses et nous sommes évidemment fiers et touchés que Francis Joyon porte ce flambeau autour du monde. C’est un symbole fort.
Vous êtes un grand médecin du sport. Un petit conseil pour Francis ?
(Rires) Il n’a guère besoin de moi pour ça ! Il faudra qu’il sache gérer son sommeil, ses efforts, ses éventuels problèmes. La règle du jeu dans le sport comme dans la vie, c’est savoir jusqu’où ne pas aller trop loin. Mais je crois qu’il le sait déjà !