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Mercredi 12 octobre 2011
IDEC DE RETOUR EN BRETAGNE
Après son chavirage mi-août à New York, alors qu'il se lançait dans une tentative de record de l'Atlantique en Solitaire, Francis Joyon a réussi à faire rapatrier en France son grand trimaran IDEC. Par la mer, grâce à un gréement de fortune et une belle chaîne de solidarité des deux côtés de l'Atlantique. Les travaux commencent à Vannes et le maxi devrait être remis à l'eau au printemps. Le tout via la méthode Joyon : simple, efficace et sans gâchis inutile.
+Dépêches
Mer 5 Oct 21h26
IDEC à bon port !. Le maxi-trimaran IDEC est arrivé aujourd'hui à Lorient.
Parti de New-York le 20 septembre dernier de Newport, l'équipage composé de trois marins a convoyé le grand trimaran rouge à bon port.
Ce dernier rejoindra dès demain le chantier à Vannes où débuteront la remise en état de la plateforme.
A suivre ...
Jeu 22 Sept 09h39
Le maxi-trimaran IDEC en convoyage. Le maxi-trimaran IDEC a quitté mardi 20 septembre le chantier HUNT près de Newport (USA) où il a été remis en état après son chavirage le 22 août dernier.
A son bord un équipage de trois marins qui devrait rejoindre Lorient vers le 7 octobre prochain.
Jeu 25 Août 14h16
IDEC à Newport. Après avoir remis à l'endroit la plateforme du Maxi-Trimaran IDEC à Montauk, Francis Joyon l'a convoyé ce matin dans le port de Newport.
Il étudiera avec son partenaire la meilleure manière de rapatrier son trimaran en Bretagne.
Cartographie
Historique du Tour du Monde
Le tour du monde en solitaire et en multicoque
Avant que Francis Joyon n’y fasse, avec IDEC, une entrée fracassante, le club des navigateurs ayant bouclé un tour du monde en solitaire et en multicoque ne comptait que 3 membres. Le skipper morbihannais fut de surcroît le premier à effectuer cette circumnavigation sans escale et ce faisant, il inscrivit un record que l’on aurait dit fantaisiste peu de temps auparavant... Aujourd’hui détenu par Ellen MacArthur, ce temps de référence est le fruit d’une épopée démesurée qui a commencé voici plus de 30 ans. Un peu d’histoire...
Colas, l’initiateur
A peine remis de sa victoire dans la Transat Anglaise 1972 à bord de Pen Duick IV, Alain Colas rêve de Cap Horn... Son désir de s’engager dans la première course autour du monde en équipage est contrarié – les multicoques n’y sont pas admis – qu’à cela ne tienne : Colas partira seul, « à la dure ». L’oiseau métallique devient Manureva, son skipper s’élance de Saint Malo le 8 septembre 1973 (soit le jour où la Whitbread s’élançait de Portsmouth), prévoyant de faire une escale à Sydney. Il parviendra au port australien après 79 jours de mer (alors que Francis Chichester, détenteur du temps de référence autour du monde en solo, avait lui mis 106 jours) et où il patiente environ un mois, afin, a-t-on dit à l’époque, de « rattraper » les concurrents de la Whitbread et de les doubler au passage du cap Horn ! Le retour vers Saint Malo se fait dans des conditions clémentes et c’est au terme de 169 jours de navigation qu’Alain Colas entre en vainqueur dans la cité corsaire, ayant amélioré de 56 jours la performance de Chichester.
Philippe Monnet, pied au plancher
Lorsque Philippe Monnet largue les amarres, le 10 décembre 1987, le temps de référence autour du monde en solo est détenu par l’américain Dodge Morgan, dont la circumnavigation a à peine excédé 150 jours... Philippe a racheté le trimaran Jacques Ribourel (précédemment skippé par Olivier de Kersauson) et c’est profondément remanié avec le concours de l’architecte Xavier Joubert, que l’engin de 24,50 mètres prend la mer sous le nom de Kriter. Malgré sa volonté de boucler son tour sans la moindre escale, le skipper ne pourra éviter de s’arrêter à deux reprises, tant le rythme infernal imposé au trimaran compromettra sa fiabilité. Mais ces escales, d’abord à Cape Town puis en Nouvelle-Zélande, n’empêcheront pas Kriter – dont la vitesse inquiète parfois un Monnet pourtant tête brûlée de nature – d’aligner de belles journées à plus de 16 nœuds de moyenne dans le grand sud et d’arriver victorieux à Brest : 129 jours et 19 heures, record à battre.
Le combat de Kersauson
1988. Olivier caresse le projet d’un tour du monde en solo depuis déjà quelque temps, mais les déboires liés au financement de l’aventure ne cessent de repousser le départ. Pire encore, Philippe Monnet a lui rondement bouclé un budget et s’en est allé établir un nouveau record ! Lorsqu’Olivier part, son trimaran ne s’appelle plus « Poulain » suite à la défection du sponsor, mais « Un autre regard ». L’Amiral sait qu’une telle machine ne sera pas de tout repos pour un homme seul dans le grand sud et les conditions qu’il rencontre lui donnent raison. Epais brouillards, coups de vent violents et autres déferlantes lui feront dire après coup : « j’ai eu l’impression de vivre deux mois avec un pistolet sur la nuque ». Les pages qu’il a noircies suite à ce voyage prouvent à quel point il en est revenu marqué... Marqué mais victorieux lui aussi, car malgré deux escales techniques, Olivier améliore un an plus tard le record de Monnet après 125 jours de mer.
L’étonnant Joyon
Parti avec l’ancien Sport Elec à peine remanié, sans routage, Francis Joyon sait que les 27 mètres du trimaran conçu pour un équipage ne lui laisseront guère de répit dans le gros temps... Mais qu’importe, le défi est trop tentant pour ce solitaire chez qui compétition rime forcément avec aventure : IDEC coupe la ligne de départ le 22 novembre 2003 à la faveur d’un couloir de vent de nord établi au large de la Bretagne, et advienne que pourra ! Très vite, la machine s’avère exigeante mais diablement rapide, et c’est en moins de 20 jours (19 jours et 20 heures) que Joyon double le cap de Bonne-Espérance et s’engouffre dans le Grand Sud. Le grand oiseau rouge dévore les milles et rivalise avec le tableau de marche de Sport Elec, vainqueur du Trophée Jules Verne en 1997 ! La performance force l’admiration de ceux qui, à terre, suivent la progression d’IDEC. Après une rupture de têtière de grand-voile et un méchant coup de vent, Francis arrive au cap Horn après 49 jours de mer et l’on commence à rêver d’un tour du monde en solo bouclé en moins de 80 jours... De fait, après une remontée classiquement complexe de l’Atlantique, le marin sera de retour à Brest le 3 février 2004, au terme d’une circumnavigation n’ayant duré que 72 jours, 22 heures, 54 minutes et 22 secondes, un exploit étonnant que l’on pense ne pas voir amélioré d’ici longtemps.
Ellen MacArthur, Miss Monde
Lorsqu’elle déclare, peu avant son départ, que l’exploit de Joyon est presque « impensable », Ellen MacArthur pèse ses mots. A bord de son trimaran de 75 pieds, elle s’attaque à ce record du tour du monde en solo qui n’a qu’un an et qui, de l’avis de tous, va tenir un bon bout de temps. Et pourtant... Lessivée, à bout de sa résistance physique et mentale, Ellen MacArthur semble puiser toujours plus loin dans ses ressources sans jamais être au bord de la capitulation. La phénoménale jeune femme affiche de l’avance sur la progression de Joyon, améliore un à un les records intermédiaires et tient bon devant l’adversité. Les journées à plus de 500 milles se succèdent, le trimaran allonge la foulée et se montre sécurisant dans la mer formée... mais il fait payer un lourd tribut à son skipper, qui arrivera le 8 février 2005 à Falmouth, au terme de la « plus dure des épreuves ». Ellen MacArthur prend alors à peine conscience du fait qu’elle vient de battre le record d’Idec, tant le soulagement est grand, tant le comité d’accueil démesuré tranche avec la solitude de deux mois de mer. Mais les faits sont là : Avec 71 jours, 14 heures, 18 minutes et 33 secondes, l’homme le plus rapide autour du monde en solo est désormais… une femme.
| 1972 | Alain Colas sur «Manureva» |
|---|---|
| 1987 | Philippe Monnet sur «Kriter» |
| 1988 | Olivier de Kersauson sur «Un autre regard» |
| 2004 | Francis Joyon sur «IDEC» |
| 2005 | Ellen MacArthur sur «Castorama» |

