Francis Joyon - L'aventure continue
La Mauricienne - Record Océanique France » île Maurice
Actualités
Jeudi 12 novembre 2009
PREMIERS MOTS ET PHOTOS DE FRANCIS JOYON LORS DE SON ARRIVÉE
Parti le samedi 17 octobre de Port Louis en France (Morbihan), à l'assaut de ce nouveau record entre la France et l'île Maurice (océan Indien) Francis Joyon est arrivé ce jeudi 12 novembre à 16 heures, 03 minutes et 45 secondes (heure française). Quelques 10 304 milles nautiques parcourus en 26 jours, 4 heures, 13 minutes et 29 secondes, à la vitesse moyenne de 16,40 nœuds. Premiers mots du marin trinitain lors de son arrivée à l'île Maurice :
+Dépêches
Jeu 12 Nov 14h18
Vacation du jour avec Francis Joyon. Ecoutez la vacation du jour avec Francis Joyon - 27ème jour de course.
Rendez-vous dans l'espace multimédia - audios.
Mer 11 Nov 13h21
Vacation du jour avec Francis Joyon. Ecoutez la vacation du jour avec Francis Joyon - 26ème jour de course.
Rendez-vous dans l'espace multimédia - audios.
Mar 10 Nov 12h32
Vacation du jour avec Francis Joyon. Ecoutez la vacation du jour avec Francis Joyon - 25ème jour de course.
Rendez-vous dans l'espace multimédia - audios.
Cartographie
+Le record France - Ile Maurice
Présentation du parcours par Jean-Yves Bernot
Jean-Yves Bernot était déjà le routeur de Francis Joyon lors de son record du tour du monde. Mathématicien de formation, passionné par les océans, il s'est formé à l'analyse de la météorologie pour devenir un navigateur réputé puis un des routeurs les plus appréciés de la planète mer. Il analyse ici les pièges de cette nouvelle route.
Jean-Yves Bernot, comment se présente ce nouveau parcours en termes de météo ?
Je dirais qu'il y a clairement deux parties. La première depuis la Bretagne jusqu'à la pointe de l'Afrique est, somme toute, relativement classique. C'est la route empruntée par tous les circumnavigateurs, on commence à bien la connaître. La seule originalité vient du fait que l'on partira un peu plus tôt dans la saison : les alizés risquent de ne pas être encore très établis. Mais globalement on connaît bien les problématiques affrontées : descendre au plus vite vers les alizés, bien négocier le passage du Pot au noir et contourner au mieux l'anticyclone de Sainte-Hélène pour aller accrocher les régimes de vent d'ouest aux alentours des quarantièmes. La deuxième partie est plus complexe
De l'Afrique à l'île Maurice, on est davantage dans l'inconnu ?
La plus grande difficulté réside dans le franchissement de la pointe de l'Afrique. Il faut savoir que le courant des Aiguilles qui passe au sud du cap du même nom est fort. Il peut atteindre quatre à cinq noeuds et pour peu que le vent soit orienté au secteur ouest, lever une mer infernale. Ce courant est d'ailleurs spécifique puisque dans l'ouest du Cap des Aiguilles, il s'infléchit vers le sud puis vers l'est pour revenir dans l'océan Indien. Autant dire que la mer est toujours difficile à négocier dans cette région.
Donc, on n'a pas trop le choix : soit on reste le long de la côte sud-africaine pour se protéger du courant, mais on a toutes les difficultés d'une navigation côtière, obstacles, cailloux, trafic maritime ; soit on penche pour une option très au large où l'on risque de rencontrer des vents très forts, puisqu'on n'est encore qu'au printemps austral.
Ensuite, il faudra bien mettre le clignotant à gauche. Francis devrait retrouver rapidement des eaux plus calmes, mais il faudra négocier habilement la bordure de l'anticyclone qui campe souvent en cette saison sur l'océan Indien. De plus, il n'a pas la même stabilité que, par exemple, l'anticyclone des Açores en Atlantique nord. Des surprises sont possibles.
C'est donc un parcours qui présente pas mal de pièges ?
Disons, qu'il demande de la vigilance. Maintenant, on commence à bien se connaître avec Francis et c'est de plus un navigateur qui a une capacité de synthèse et d'appréhension des évolutions de systèmes météorologiques assez exceptionnelle. Je suis très confiant dans sa capacité à réagir vite et à me donner les bonnes informations complémentaires. Quand on est derrière son ordinateur, c'est important de savoir que le marin qui est en mer saura interpréter le terrain.


